jeudi 29 novembre 2007

Open House

Il faut qu'on confesse notre nouvelle addiction, qui occupe presque tous nos dimanches depuis qu'on est à San Francisco : les open houses. On ne peut plus résister à ces petits panneaux posés sur le trottoir, invitant tout un chacun à visiter la maison en face, ou l'appartement au coin de la rue.

La première fois, on hésite, on entre sur la pointe des pieds, on craint de devoir montrer patte blanche, de répondre à mille questions, de se faire refouler si on n'a pas l'air d'acheteurs sérieux. Mais non : toutes ces maisons à vendre sont librement accessibles, il suffit de dire bonjour à l'agent immobilier qui vous accueille, et vous voilà autorisé à explorer chaque pièce, à traîner dans les chambres, à admirer la vue de la terrasse, à refaire la déco du salon...

On adore découvrir ainsi ce qui se cache derrière les belles façades victoriennes de San Francisco. Et voir de près l'intérieur de nos amis américains. Bon, si l'agent immobilier est un peu sérieux, il viendra vous préciser que "le parking est inclus" ou que "la cuisine a été rénovée l'année dernière". Notre accent français ne nous rend même pas suspects, qui sait si nous ne sommes prêts à mettre sur la table les 700 000 à 800 000 dollars demandés pour ce trois-pièces avec vue sur downtown, ou ce quatre-pièces avec terrasse.

On s'étonne devant tant de confiance : en France, personne ne prendrait le risque d'exposer à tous les vents ses biens personnels... Ici, pas de problème. Quoique : à New York cette semaine, deux femmes ont été arrêtées pour avoir glissé dans leurs sacs quelques milliers de dollars de bijoux au cours d'open houses à Manhattan. Mais il paraît que ce genre d'incident est rarissime. Tant mieux, on a encore plein de maisons à visiter !

samedi 24 novembre 2007

Santa Claus Is Coming To Town


Five, four, three, two, one... et hop, le sapin géant (25 mètres) de Union Square, "généreusement" offert par le grand magasin Macy's, s'est illuminé devant la foule ébahie, donnant le coup d'envoi des fêtes de Noël ! L'événement avait lieu vendredi soir, suivi par les milliers de shoppers qui avaient passé leur journée dans les boutiques du centre-ville. Eh oui, la dinde de Thanksgiving à peine digérée, la course aux cadeaux a commencé. Mais depuis quelques jours déjà, les magasins sont prêts.




Certains San Franciscains attendaient ça avec impatience : dès le 15 novembre, nos voisins d'en face avaient installé sapin, guirlandes et flocons lumineux sur leur terrasse...

jeudi 22 novembre 2007

Happy Thanksgiving

Il ne faisait pas bon être une dinde aujourd'hui aux Etats-Unis - sauf pour celle-là, "grâciée" par George W. Plat de résistance du Thanksgiving Day, l'animal aura été englouti ce soir par des dizaines de millions d'Américains. La tradition remonte à la fondation des Etats-Unis, lorsque les pèlerins (pilgrims) partagèrent un repas avec les Indiens pour les remercier de leur aide - enfin, selon la légende...
Depuis, le troisième jeudi de novembre est un jour sacré, l'un des rares jours fériés (holiday) où la plupart des commerces sont fermés, ou ferment plus tôt. Les chauffeurs de bus sont quasiment les seuls à travailler, mais n'oublient pas de vous souhaiter un "Happy holiday". Les autres ont déserté la ville, partis la veille en train, en avion, en voiture, pour passer Thanksgiving en famille. Où ils suivront sans doute sur NBC la "Thanksgiving Parade" organisée à New York par le grand magasin Macy's, avec force majorettes, fanfares, chars et ballons géants flottant entre les buildings.
Nous aussi, on a sacrifié au rituel, mais mercredi soir, avec un jour d'avance : nos amis Kevin et Pete nous ont invités chez eux, à Berkeley, pour nous faire partager cette tradition. Au menu : la dinde donc, dûment farcie (stuffed), accompagnée de purée (mashed potatoes), de haricots verts (green beans), de maïs (corn) et de cranberries (fruit rouge très courant ici). Sans oublier le dessert : apple pie (tarte aux pommes) et/ou pumpkin pie (tarte au potiron). Eh bien, c'était... très bon. C'est décidé, on l'importe en France.
Ce qu'on laissera ici en revanche, c'est la tradition du vendredi matin : les Thanksgiving Sales, les soldes, pour lesquels les grandes enseignes vous convoquent à... 4 heures du matin. Si, si, avec un cadeau pour les premiers arrivés. Et à 13h, les bonnes affaires sont terminées. En attendant le lendemain de Noël, bien sûr.

mardi 20 novembre 2007

Around the Mission

Les bobos de San Francisco adorent Mission. Ces dernières années, ce quartier jusqu'ici très latino, refuge depuis le XVIIIe siècle des Mexicains et autres immigrants d'Amérique centrale, a été grignoté par les cafés et restos branchés, notamment autour de 18th Street et Valencia.
Mais sur Mission Street et ses alentours, on se croirait encore dans les faubourgs de Mexico. Taquerias, marchands de fruits et légumes, boutiques de fripes... De la salsa s'échappe des voitures, et dans la rue on n'entend que de l'espagnol, ou presque. Dépaysement garanti à quelques blocks du centre-ville.
Surtout, le quartier a gardé et entretenu ses murals, ses peintures murales. Des oeuvres souvent naïves et très colorées qui ornent les immeubles, les palissades ou les murs des maisons. On en trouve à tous les coins de rue, et certains sont vraiment impressionnants, comme ceux du Women's Building :





Autre curiosité du quartier : ses vieux cinémas désaffectés, reconvertis en parking, en entrepôts ou en rien du tout, mais dont les façades d'origine tiennent encore debout.

On a fini notre balade en s'aventurant au sud de Mission, presqu'à la sortie de la ville, dans le très charmant quartier de Bernal Heights. Jolis maisons en bois à flanc de colline, rues calmes, et surtout une vue magnifique de San Francisco, comme ce lundi soir au coucher du soleil.

vendredi 16 novembre 2007

A week in the city

Semaine assez calme après notre escapade dans le Grand Ouest. Retour aux petites habitudes : mails, Skype, lecture le matin, cours d'anglais pour Frédéric l'après-midi, puis shopping ou balade en ville... Le soir, resto ou télé, pas (encore) de folies. On zappe sur nos 250 chaînes câblées mais comme beaucoup d'Américains, on regarde surtout les grands networks (ABC surtout, la chaîne de "Desperate Housewives", de "Brothers & Sisters" et de "Ugly Betty"), on se passionne pour des jeux qu'on ne regardait jamais en France mais qui paraissent tellement outrés et spectaculaires ici ("Deal or no deal", alias les boîtes d'Arthur...).
Cela dit, on allume beaucoup moins la télé qu'à Paris. De même qu'on ne va quasiment pas au cinéma. Envie d'être dehors, à l'extérieur, dans la rue, dans la ville. Pas enfermés dans une salle. D'autant que, disons-le même si ça fait cliché, le cinéma, on a l'impression d'y être tous les jours dès qu'on passe la porte de la maison. C'est l'effet Hollywood : même au quotidien, l'Amérique ressemble à un film !
Vu quand même "Lions for Lambs" l'autre jour, de et avec Robert Redford, mais aussi Tom Cruise et Meryl Streep. Casting de luxe pour film à message (comment les politiciens de Washington jouent avec le feu - et la vie de jeunes soldats - en Irak et en Afghanistan). Intéressant mais un peu bavard, surtout dans la partie avec Redford.

Aujourd'hui, on a profité du brouillard très épais (après plusieurs jours de grand ciel bleu) pour visiter l'un des principaux musées de San Francisco, le De Young, situé dans le Golden Gate Park, dans un bâtiment tout neuf ouvert il y a deux ans.

Espace superbe, collections inégales : on a adoré l'art amérindien et océanien (genre Quai Branly), beaucoup moins la peinture américaine du XXe siècle (sauf le Edward Hopper ci-dessous)...

On est tombés en plein "Friday Night at the De Young" : chaque vendredi soir, le musée accueille des spectacles, des lectures, des manifestations diverses. Là, c'était danse africaine et orchestre de jazz :

Puisqu'on passait par le parc, Frédéric a pu s'adonner à son passe-temps favori : le dialogue avec les écureuils.

Retour en tramway par la ligne N, arrêt à l'épicerie du coin pour acheter du pain et des fraises. Avec ce confortable sentiment de rentrer "chez soi", à San Francisco.

lundi 12 novembre 2007

Oil Beach

Voilà ce week-end à quoi ressemblait Ocean Beach, l'une des plages touchées par la marée noire qui frappe toute la baie de San Francisco, depuis qu'un cargo s'est crashé contre le Bay Bridge. En allant constater nous-mêmes les dégâts, on est tombés sur une petite équipe de "nettoyeurs" ramassant à la truelle les traces de fioul, aidés de jeunes volontaires. Un vrai travail de Sisyphe. Les vagues charrient en effet régulièrement de nouvelles boules de pétrole...


On n'imagine pas les conséquences de cette marée noire : même Thierry a dû se mettre au travail pour faire un article dans "Le Parisien"...

dimanche 11 novembre 2007

Road to Vegas

Près de 3000 km en 5 jours, des enfilades de freeways et de paysages désertiques, des diners et des motels en bord de route, des éoliennes, des trucks beaux comme des camions, et ces panneaux qui vous donnent le frisson : "Welcome to Nevada", "Arizona State Limit", "Route 66"... Petit résumé en images de notre traversée express du Far West :




Las Vegas ! Ses débauches de lumières, le bruit permanent des machines à sous, ses flots de touristes et de joueurs. Ses hôtels-casinos démesurés et extravagants, qui vous font voyager de Venise à Paris, en passant par New York et Rome. Ses boutiques de luxe et ses serveuses court-vêtues, ses spectacles de Céline Dion, d'Elton John et du Cirque du Soleil. Un Disneyland pour adultes à la fois excitant et effrayant... On en prend plein les yeux, plein la tête, et parfois plein les poches : enfin, nous on est repartis plus riches de 14 dollars (c'est déjà pas mal).





Au départ de la capitale du vice, il faut encore 4 à 5 heures de route pour atteindre le Grand Canyon. Et là, c'est un peu comme voir New York ou Las Vegas pour la première fois : on a beau avoir plein d'images en tête, on a beau s'attendre à quelque chose d'hors normes, eh bien c'est encore plus beau, grand, impressionnant que ce qu'on imaginait. Sensation vertigineuse, des formes et des couleurs jamais vues ailleurs, l'immensité à perte de vue... Au coucher et au lever (pour les plus courageux) du soleil, ou en randonnée au coeur du canyon, voilà ce que ça donne à peu près - mais c'est bien mieux en vrai !






vendredi 2 novembre 2007

Sea Lions Song

Après avoir échappé au tremblement de terre de San José et traversé sans heurts la nuit d'Halloween, nous profitons de la visite du frère et de la belle-soeur de Thierry pour réviser les incontournables de San Francisco. On ne pouvait pas manquer l'attraction principale du très touristique Fisherman's Wharf : la colonie de sea lions qui a élu domicile au bout du Pier 39 depuis une quinzaine d'années. Voici donc de quoi patienter pendant les prochains jours où nous serons à Las Vegas et au Grand Canyon...