jeudi 27 mars 2008

Governator, Where Are You ?

Avec son accent autrichien et ses épaules de body-builder, Schwarzenegger fait un drôle de gouverneur. Mais les Californiens l'ont élu à deux reprises à la tête de leur Etat. On lui a rendu une petite visite cette semaine.
Direction Sacramento, capitale du Golden State, à une heure et demie de San Francisco. Ville sage, propre, parfaitement quadrillée (les rues vont de 1 à 30 verticalement, de A à X horizontalement) : bref, aussi carrée qu'Arnold. Peuplée de fonctionnaires dans la journée, quasiment déserte après 17 heures... Mais c'est plutôt agréable de s'y balader. Il y a même tout un quartier historique, très Far West avec ses saloons et ses maisons en brique, mais un peu trop "disneylandisé".
Surtout, il y a l'imposant Capitole, le siège du gouvernement (depuis 1869), qui ressemble à s'y méprendre au Congrès de Washington.

Puisqu'ici, la démocratie, c'est sacré, tout le monde peut se balader librement dans les couloirs du majestueux bâtiment. On y croise donc des élus en goguette, on emprunte de grands escaliers où trônent les portraits des précédents gouverneurs (dont Ronald Reagan), on visite le Sénat (à dominante rouge, dominé par un portrait de George Washington) et l'Assemblée (à dominante verte, avec un tableau d'Abraham Lincoln - photo ci-dessous).

Clou de la visite : le bureau du gouverneur, avec son nom en lettres d'or et son officier de garde, armé.
Arnold, on est là ! Ouvre la porte ! Hélas, "Governator" était absent ce jour-là. Comme souvent d'ailleurs, puisque l'homme est connu pour passer plus de temps dans sa propriété de Los Angeles qu'à Sacramento - où il n'a même pas de pied-à-terre. Mais Schwarzie a pensé à nous : il nous a laissé sa carte de visite.


Comme ça, la prochaine fois, on l'appellera avant de venir. Il sera sûrement ravi de discuter avec nous de ses coupes sombres dans le budget de l'éducation, qui vont entraîner des dizaines de fermetures de classes et de licenciements de profs dans toute la Californie.

dimanche 23 mars 2008

Sneakers on the Line

Des paires de baskets lacées entre elles qui pendent sur des lignes électriques ou téléphoniques... La première fois, on se dit qu'un gamin a fait une blague. La deuxième, on trouve que ce gamin a de la suite dans les idées. Mais au bout de plusieurs occurrences, à différents endroits, on ne sait plus trop quoi en penser !
En fait, on en croise un peu partout aux Etats-Unis. Et personne n'a d'explication certaine. Le shoe flinging serait un signe de reconnaissance entre gangs, ou entre dealers et junkies, ou encore une simple façon de marquer son territoire, un rite de passage entre adolescents ("j'ai perdu ma virginité", "je la lance plus haut que toi", "l'école est finie")...
Peut-être qu'on devrait accrocher une ou deux paires avant de rentrer en France.

jeudi 20 mars 2008

Let's Go For A Ride

La journée avait trop bien commencé, on aurait dû se douter que ça finirait mal. Partis pour une escapade en voiture avec Jean-Baptiste, notre guest de la semaine, nous avons d'abord eu la bonne surprise de se voir attribuer une Chrysler décapotable (convertible) par l'agence de location. Ah, rouler top down comme nos amis bobos californiens : jouissif !


Enthousiastes et insouciants, nous traversons cheveux au vent le Golden Gate Bridge. Direction la côte nord, dans le Marin County. Etape à Muir Beach, un bout de lande écossaise où l'océan brille à l'horizon, et où les maisons peuvent ressembler à des cabanes de pêcheurs comme à des rêves d'architecte.





Pris dans notre élan, nous longeons la mer jusqu'à Point Reyes, là où passe la célèbre faille de San Andreas (celle qui, un jour, engloutira San Francisco...) ; nous passons par Stinson Beach, par le charmant village de Nicasio, etc.

Et alors que nous rebroussons chemin vers la ville, survient le drame. Une Porsche jaune canari lancée à toute allure nous arrive droit dessus en plein virage ! Freinage en catastrophe pour éviter le pire - mais pas assez pour échapper à la collision. Résultat : notre beau joujou se retrouve avec une sérieuse égratignure sur le pare-chocs...

Vu les traces sur la route, les conducteurs de la Porsche - deux gamins de 19 ans en virée dans la voiture de Papa - ne sont pas les seuls à se croire sur un circuit de Formule 1.

Evidemment, on n'avait pas pris l'assurance "dommage au véhicule"... censée être couverte par la carte de paiment. Mais ça, on n'en sera vraiment sûr que le jour où on sera remboursés : suspense !

Le temps d'appeler la police pour signaler l'accident (fortement recommandé ici, même s'il n'y a aucun blessé et même si ça coûte... 10 $), on décide de ne pas se laisser abattre et d'aller admirer la vue du pont à la tombée de la nuit. Le genre de vue qui remonte rapidement le moral, non ?

mardi 11 mars 2008

Typical America

Parfois, l'Amérique ressemble tellement à... l'Amérique. Certains paysages, certaines villes, certains personnages collent parfaitement au mythe. Il se trouve que, le week-end dernier, on en a croisé quelques spécimens, le long de la Highway 101, entre San José et Soledad.

Comme par exemple la Winchester Mystery House. Une maison gigantesque et délirante, construite il y a un siècle à San José par la veuve du fabricant des fameuses carabines Winchester. Un médium lui avait dit que les victimes de l'arme viendraient la poursuivre jusqu'à sa mort ; du coup, elle n'a cessé d'agrandir sa maison en ajoutant des pièces, des escaliers, des fenêtres, des cheminées - un véritable labyrinthe destiné à tromper les mauvais esprits.

Avec des escaliers menant au plafond, des placards sans fond, des fenêtres s'ouvrant sur l'étage du dessous ou sur un mur...



Quelques dizaines de miles plus loin, la petite ville San Juan Bautista vous replonge instantanément dans le Far West. Avec son vieil hôtel, son antiquaire, son saloon... Seul changement notable : les Harley-Davidson ont remplacé les chevaux.



La ville est connue aussi pour sa mission, datant du XVIIIe siècle, et filmée par Hitchcock dans "Sueurs froides" :

Une autre vision de l'Amérique éternelle vous saisit sur la route 146, au Pinnacles National Monument Park. Un parc modeste comparé au Grand Canyon ou au Yosemite, mais dont les roches étranges, les grottes obscures (lampe de poche obligatoire, généreusement prêtée par le Ranger)et les sentiers sinueux laissent quelques souvenirs mémorables.



La photo suivante a été prise au flash ; en réalité, on ne voyait strictement rien... sur plus de 200 mètres... Un vrai bonheur.

mercredi 5 mars 2008

Middle of the Road

Cette semaine, c'est notre anniversaire. Il y a cinq mois exactement, nous débarquions chargés comme des mulets, à la fois excités et angoissés, à San Francisco. Et nous voilà - déjà - au milieu du chemin, puisqu'il nous reste cinq autres mois à jouer les Californiens.
Premier bilan à mi-parcours...

ON NE S'EN LASSE PAS :

Le ciel ultra bleu, le soleil hyper lumineux, les journées d'hiver à 20°.

L'espace, l'océan à portée de main, les rues larges et propres, les maisons à 2 étages qui laissent voir l'horizon, et les baies vitrées qui laissent entrer la lumière.

Les burgers, les grosses salades bien fraîches, les verres de vin généreusement remplis, l'eau fraîche servie sans avoir à demander, le Coca à volonté, la box (on ne dit pas doggy-bag) qu'on vous propose sans complexe si vous n'avez pas fini votre assiette.

Les serveurs aimables, souriants, prévenants... Ils ont besoin de leur pourboire à 15-20%, mais quand même, ça fait du bien.

Le service au client en général : la banque qui vous ouvre un compte en un quart d'heure ; la hotline de la TV par câble qui répond en 30 secondes et règle votre problème en trois minutes ; les caissiers au supermarché qui remplissent eux-mêmes vos sacs et vous demandent si vous avez besoin d'aide pour les porter ; les cinémas où vous ne faites JAMAIS la queue...

Les musées gratuits un jour par mois.

Les supermarchés ouverts 24 heures sur 24, les magasins ouverts le dimanche... Le pire, c'est qu'on est plutôt contre en France, mais on reconnaît que c'est hyper pratique !...

Les soldes permanents.

Les prix 30% moins chers (merci l'euro fort).

Les camions de pompiers, superbes engins qui brillent de partout et fendent la foule toutes sirènes hurlantes.

Les chiens sympas et bien élevés, qui se laissent caresser sans rien dire ; et leurs maîtres tout aussi bien élevés, qui ramassent systématiquement les crottes de leurs toutous.

Les voitures qui s'arrêtent toujours aux passages piétons, voire même hors passages piétons, et avant même que vous ayez posé un pied hors du trottoir.

Les gens qui vous parlent sans vous connaître, vous complimentent sur votre pull ou vos chaussures, vous proposent de vous prendre en photo ; leur incroyable tolérance - peu importe votre look, vos tatouages, vos piercings, votre tour de taille (ça, c'est propre à San Francisco).

Les cours d'anglais gratuits et ouverts à tous.

ON A DU MAL AVEC :

Les températures en degrés Fahrenheit, les tailles en feet et en inches, les poids en pounds, les distances en miles... Quand quelqu'un vous dit qu'il mesure 5 pieds et 7 pouces, qu'il pèse 180 livres, qu'il habite à 120 miles d'ici et que chez lui, il fait 55 degrés l'hiver, accrochez-vous.

Le pain, soit trop mou, soit trop dur, très souvent à base de sourdough (littéralement pâte amère)... Désespérant ! Heureusement, on a fini par trouver LA marque qui fait des bonnes baguettes, mais on ne la trouve que dans deux magasins ; ça se mérite.

Les coiffeurs, soit chers (40 dollars dans un hair salon) soit minimalistes (au barber-shop).

Les vendeurs qui vous sautent dessus en hurlant "Hiiii !" et vous suivent à la trace dans le magasin, vous demandent si "vous allez bien aujourd'hui", si "vous trouvez bien ce que vous cherchez" et s'ils peuvent "vous aider à trouver une taille".

Les prix affichés hors taxes, alors que les taxes sont systématiquement ajoutées à la caisse ou au moment de l'addition ; mais pourquoi donc ne pas les intégrer directement ?!

Les Kleenex tellement fins qu'on voit à travers, et vendus en boîtes, rarement en paquets.

Les pubs à la télé, trop nombreuses, trop longues, trop répétitives ; les films censurés, reformatés pour le petit écran.

L'omniprésence des homeless, dans tous les quartiers, à toute heure du jour et de la nuit, dans la rue, le bus, le métro, les magasins... On ne s'y habituera jamais. Des exclus du "rêve américain" que la ville ne sait pas comment prendre en charge.

Et last but not least, les amis et la famille qui nous manquent (non, ce n'est pas que de la démagogie...).

mardi 4 mars 2008

She's Back

Il y a encore une semaine, le New York Times se demandait qui aurait le courage de dire à Hillary Clinton qu'elle n'avait plus aucune chance et qu'elle ferait mieux de jeter l'éponge. Ce soir, la "perdante" a gagné les primaires démocrates du Rhode Island, de l'Ohio et, d'une courte tête, du plus grand Etat américain, le Texas. Un come-back spectaculaire, qui la remet en selle face à Barack Obama. "America doesn't need speeches, but solutions", a-t-elle balancé, tout sourire, à son rival beau parleur.
Dommage pour les Obama-maniaques qui trustent les médias américains... et français. Tant mieux pour la suite de la campagne, qui s'avère décidément passionnante. Branchés sur CNN et sur les grands réseaux, on n'en perd pas une miette ; et on a la chance de pouvoir suivre tout ça en V.O. et en temps réel.
Côté républicain, le vieux McCain a décroché son ticket pour la candidature, et tentera donc de convaincre les électeurs qu'il faut continuer la guerre en Irak, ne rien changer au système de santé, et que l'avortement est un péché...

samedi 1 mars 2008

Painted Ladies

Quoi, un blog sur San Francisco, et rien ou presque sur les maisons victoriennes ? Intolérable. Alors, voilà quelques photos prises au fil de nos balades, qui donnent un petit aperçu de l'incroyable richesse architecturale de la ville. Pour la plupart rescapées du tremblement de terre de 1906, ces maisons construites au XIXe siècle, dans un style inspiré de l'Angleterre victorienne, se trouvent par centaines dans quasiment tous les quartiers. Même après plusieurs mois ici, on en découvre de nouvelles toutes les semaines. Couleurs, moulures, tourelles, bow-windows : elles osent tout. Elles sont souvent divisées en deux ou trois appartements (un par étage), mais parfois un seul occupant profite de toute la maison - lucky bastards.







Certaines poussent l'audace assez loin...


Et mention spéciale à ce véritable château hindou, bâti en 1908 dans le quartier de Cow Hollow :