Cette semaine, c'est notre anniversaire. Il y a cinq mois exactement, nous débarquions chargés comme des mulets, à la fois excités et angoissés, à San Francisco. Et nous voilà - déjà - au milieu du chemin, puisqu'il nous reste cinq autres mois à jouer les Californiens.
Premier bilan à mi-parcours...
ON NE S'EN LASSE PAS :
Le ciel ultra bleu, le soleil hyper lumineux, les journées d'hiver à 20°.
L'espace, l'océan à portée de main, les rues larges et propres, les maisons à 2 étages qui laissent voir l'horizon, et les baies vitrées qui laissent entrer la lumière.
Les burgers, les grosses salades bien fraîches, les verres de vin généreusement remplis, l'eau fraîche servie sans avoir à demander, le Coca à volonté, la
box (on ne dit pas doggy-bag) qu'on vous propose sans complexe si vous n'avez pas fini votre assiette.
Les serveurs aimables, souriants, prévenants... Ils ont besoin de leur pourboire à 15-20%, mais quand même, ça fait du bien.
Le service au client en général : la banque qui vous ouvre un compte en un quart d'heure ; la hotline de la TV par câble qui répond en 30 secondes et règle votre problème en trois minutes ; les caissiers au supermarché qui remplissent eux-mêmes vos sacs et vous demandent si vous avez besoin d'aide pour les porter ; les cinémas où vous ne faites JAMAIS la queue...
Les musées gratuits un jour par mois.
Les supermarchés ouverts 24 heures sur 24, les magasins ouverts le dimanche... Le pire, c'est qu'on est plutôt contre en France, mais on reconnaît que c'est hyper pratique !...
Les soldes permanents.
Les prix 30% moins chers (merci l'euro fort).
Les camions de pompiers, superbes engins qui brillent de partout et fendent la foule toutes sirènes hurlantes.
Les chiens sympas et bien élevés, qui se laissent caresser sans rien dire ; et leurs maîtres tout aussi bien élevés, qui ramassent systématiquement les crottes de leurs toutous.
Les voitures qui s'arrêtent toujours aux passages piétons, voire même hors passages piétons, et avant même que vous ayez posé un pied hors du trottoir.
Les gens qui vous parlent sans vous connaître, vous complimentent sur votre pull ou vos chaussures, vous proposent de vous prendre en photo ; leur incroyable tolérance - peu importe votre look, vos tatouages, vos piercings, votre tour de taille (ça, c'est propre à San Francisco).
Les cours d'anglais gratuits et ouverts à tous.
ON A DU MAL AVEC :
Les températures en degrés Fahrenheit, les tailles en
feet et en
inches, les poids en
pounds, les distances en
miles... Quand quelqu'un vous dit qu'il mesure 5 pieds et 7 pouces, qu'il pèse 180 livres, qu'il habite à 120 miles d'ici et que chez lui, il fait 55 degrés l'hiver, accrochez-vous.
Le pain, soit trop mou, soit trop dur, très souvent à base de
sourdough (littéralement pâte amère)... Désespérant ! Heureusement, on a fini par trouver LA marque qui fait des bonnes baguettes, mais on ne la trouve que dans deux magasins ; ça se mérite.
Les coiffeurs, soit chers (40 dollars dans un
hair salon) soit minimalistes (au
barber-shop).
Les vendeurs qui vous sautent dessus en hurlant "
Hiiii !" et vous suivent à la trace dans le magasin, vous demandent si "vous allez bien aujourd'hui", si "vous trouvez bien ce que vous cherchez" et s'ils peuvent "vous aider à trouver une taille".
Les prix affichés hors taxes, alors que les taxes sont systématiquement ajoutées à la caisse ou au moment de l'addition ; mais pourquoi donc ne pas les intégrer directement ?!
Les Kleenex tellement fins qu'on voit à travers, et vendus en boîtes, rarement en paquets.
Les pubs à la télé, trop nombreuses, trop longues, trop répétitives ; les films censurés, reformatés pour le petit écran.
L'omniprésence des homeless, dans tous les quartiers, à toute heure du jour et de la nuit, dans la rue, le bus, le métro, les magasins... On ne s'y habituera jamais. Des exclus du "rêve américain" que la ville ne sait pas comment prendre en charge.
Et last but not least, les amis et la famille qui nous manquent (non, ce n'est pas que de la démagogie...).