lundi 28 avril 2008

Wild Wild West

On a enfourché ce week-end notre machine à remonter le temps, pour se propulser au beau milieu du XIXe siècle, en plein gold rush (ruée vers l'or). Saloons, diligences, maisons en bois... : à deux heures de route de San Francisco, le long de la route 49, c'est Les Mystères de l'Ouest vs La Petite Maison dans la Prairie. On traverse des villages qui n'ont quasiment pas bougé depuis les années 1850 - Sutter Creek, Placerville, Columbia, Amador, etc. A part les voitures et les touristes en short, bien sûr...



Un petit goût d'Amérique profonde...



C'est aussi l'une des routes préférées des bikers - c'est fou le nombre de Harley qu'on a croisées.

Quitte à être rétro, certains en profitent pour exhiber leur Pontiac fifties, lustrée de près.

Samedi soir, étape de rêve à l'Hotel Leger (prononcer Ledger), dans le micro-village de Mokelumne Hill, avec ses superbes balustrades, sa salle de billard et ses chambres à la déco victorienne.



Tiens, là, ce ne serait pas l'église où enseigne Mme Ingalls ?

A part ça, on n'a pas trouvé de pépites. On avait pourtant un modèle très inspirant.

Rappelons qu'entre 1848 et 1855, 300 000 hommes, dont beaucoup de Français, débarquèrent en Californie en espérant faire fortune. Le filon s'est vite épuisé, mais les gold diggers sont restés, provoquant un boom économique et humain pour toute la région - notamment San Francisco.

mercredi 23 avril 2008

Be Green !

Les Américains se sont trouvé une nouvelle lubie : être green à tout prix. Si vous n'êtes pas green, vous êtes out. Les Californiens se piquent d'écologie depuis déjà pas mal de temps, mais tout le pays est en train de s'y mettre, et c'est assez drôle à observer. Hier, les médias étaient focalisés sur le come-back d'Hillary en Pennsylvanie... mais aussi sur le Earth Day (la Journée de la Terre). Les magazines ont tous sorti leur green issue, de Time se demandant "comment gagner la guerre du réchauffement climatique" à Newsweek qui voudrait savoir "qui est le plus vert" des candidats à la Maison Blanche.

A San Francisco, la greenmania est à son comble. La ville a interdit les sacs en plastique dans les supermarchés ; depuis le 1er janvier, tous les sacs sont en papier recyclable. La presse appelle à boycotter les bouteilles en plastique et à boire l'eau du robinet (particulièrement pure à SF). Résultat : les gens se baladent dans la rue avec des thermos en alu.

Les voitures sont soumises au Smog Control pour vérifier qu'elles ne polluent pas trop. Les promoteurs construisent des maisons à énergie solaire. Et les habitants ont rejeté par référendum la création de nouveaux parkings en centre-ville, tandis qu'ils approuvaient une ligne de crédit pour améliorer les transports en commun.

Certes, les US restent l'un des pays les plus pollueurs de la planète, et Bush ne se presse pas d'y remédier... Mais les Américains sont en train de réaliser que le marché du green peut être bon pour le business (créations d'emploi, vente de nouveaux produits...) ! D'ailleurs, de quelle couleur est le dollar ? Money is green.

mercredi 16 avril 2008

Good Ideas

Les Américains n'ont ni Vélib, ni Navigo. Mais ils utilisent des services tout aussi inventifs. On a testé pour vous trois innovations qui risquent - tôt ou tard - de déferler sur l'Europe.
D'abord, les voitures en libre-service. Delanoë est déjà en train d'importer le concept à Paris. Ici, ça existe depuis 9 ans : Zipcar et CityCarShare se partagent le marché à San Francisco.

L'idée : moyennant un abonnement (50 $ par an pour Zipcar), vous pouvez louer une voiture à tout moment pour une, deux, trois heures ou plus ; muni de votre Zipcard, vous réservez votre MiniCooper ou autre sur Internet, et vous allez la récupérer sur le parking le plus proche. Ca coûte environ 8 dollars de l'heure, essence et assurance incluses - en revanche, vous êtes limité à 180 miles (290 km). Et attention si vous la rendez ne serait-ce que 5 minutes en retard : vous paierez une pénalité. Malgré ces restrictions, beaucoup de gens ici ont adopté le système (ainsi que dans 8 autres villes US). Mais ça n'a pas l'air très rentable pour les compagnies concernées : Zipcar a récemment fusionné avec son rival Flexcar.

Encore plus populaire : le site de petites annonces gratuites Craigslist (http://sfbay.craigslist.org/).

Créé à San Francisco il y a 13 ans, ce site au design minimaliste est devenu l'un des plus utilisés aux Etats-Unis. Répondre à une annonce ou en passer une est enfantin et entièrement gratuit. On y trouve absolument tout : des voitures à vendre, des apparts à louer, des jobs, des rencontres, des places de concert, etc. Extrêmement efficace : la moindre annonce génère des dizaines de réponses. Craigslist est désormais présent dans le monde entier, y compris en France, pour les anglophones (http://paris.en.craigslist.org/).

Enfin, Netflix a révolutionné la location de DVD. Plus besoin de sortir de chez soi, et fini les pénalités en cas de retard. On s'inscrit sur Internet (entre 5 et 17 $ par mois selon les formules), on coche les films qu'on a envie de voir, on les reçoit 2 par 2 à domicile, et on les garde aussi longtemps qu'on veut ; dès qu'on en renvoie un, on reçoit le suivant sur la liste.

Le concept existe aussi en France mais la sauce n'a pas encore pris. Les Américains, eux, ne jurent plus que par Netflix. Le site propose aussi de visionner les films directement sur le PC - un créneau que Apple a décidé d'investir massivement sur iTunes. Mais pour l'instant, la netflixmania ne faiblit pas.

samedi 12 avril 2008

New Look

It's time for a change, comme diraient Barack et Hillary. Alors, voilà, un nouveau look pour ce blog. Enjoy !

vendredi 11 avril 2008

Into The Wild

Dans la série "Explorons l'Ouest américain", direction l'Utah et ses parcs nationaux. Avec l'intrépide Benjamin dans nos bagages, nous avons pris l'avion pour Las Vegas - once more - avant de prendre la route des canyons. Ce qui est bien à Vegas, c'est qu'on peut tenter le jackpot dès l'aéroport.

Mal du pays oblige, nous avons passé la nuit à l'hôtel Paris... Sans oublier de grimper au sommet de la Tour Eiffel - réplique à 50% de la vraie - avec vue imprenable sur le Strip.


A l'est de Las Vegas, on quitte le Nevada pour passer dans l'Utah, fief de l'Eglise mormone. Etape à Saint-George, dominée par son temple d'un blanc éclatant. On ne peut pas le visiter, mais des adeptes habillés en blanc de la tête aux pieds vous renvoient vers le Visitor Center, où on vous expliquera tout sur "l'Eglise de Jesus-Christ des Saints des Derniers Jours". Le jour même, on apprend qu'au Texas, une branche dissidente des Mormons pratique encore la polygamie et marie les filles dès 13 ans "pour la reproduction"...

Il faut quitter l'autoroute I-15 pour accéder au Zion National Park. Le canyon n'y est pas extraordinaire, mais la Route 9, qui traverse le parc, est parsemée d'étonnantes pierres plates, striées et orangées, adossées à d'énormes rochers.



Plus à l'est, Bryce Canyon présente un paysage réellement ahurissant. L'érosion a formé des dizaines de cheminées, une forêt de pointes rocheuses qui passent du rose à l'orange ou au rouge selon l'orientation du soleil. En ce début avril, la neige est encore là, et le vent fouette un peu (nous sommes à 2500 m). Mais le sentier qui descend au milieu des "cheminées" offre des vues sublimes.





Tiens, Frédéric s'est encore fait un ami.

jeudi 10 avril 2008

Olympic Trick

Sorry pour cette longue et involontaire interruption de blog, mais les grands espaces (bientôt les photos) et l'actualité nous ont accaparés... Pour ceux qui auraient vécu dans une cave ces derniers jours, rappelons que la flamme olympique faisait étape hier à San Francisco, après avoir enflammé Londres et Paris. Détail rigolo : le CIO avait choisi SF pour sa forte communauté chinoise... sauf que la région est aussi richement dotée en contestataires de tout poil. Du coup, les réjouissances ont commencé dès lundi avec une banderole déroulée sur le Golden Gate Bridge, puis mardi avec une journée entière de mobilisation pro-tibétaine au Civic Center, sur la très symbolique United Nations Plaza. On y était :



On a subi dans un vent glacial les discours d'innombrables représentants d'associations, et quelques chants folkloriques, avant d'entendre les stars du jour : l'archevêque Desmond Tutu, tout de mauve vêtu, et surtout Richard Gere, plus bouddhiste que jamais. La foule recueillie avait allumé des bougies, selon la tradition des candle lights vigils.


Le lendemain, c'était le jour de l'Olympic Torch Relay. Et là, les autorités ont fait très fort : alors que des milliers de personnes poireautaient tout au long du parcours prévu (sur le front de mer), la flamme s'est échappée par bateau, pour rejoindre l'autre bout de la ville, où seuls quelques badauds l'ont aperçue, avant de s'enfuir définitivement vers l'aéroport !
Pendant ce temps-là, des escadrons de policiers faisaient semblant d'occuper le terrain sur le parcours initial, coincés entre des manifestants pro-chinois venus en force et les pro-tibétains tout aussi mobilisés.



Il y avait même un leurre : un faux porteur de torche qui avait l'air d'attendre fébrilement son tour ! Ah, quelle bonne blague...

Bon, faute d'avoir vu l'objet de toute cette farce, voici un aperçu de l'ambiance qui régnait au début du parcours. Finalement, ils ont peut-être bien fait de prendre le bateau...