mercredi 23 juillet 2008

Back Home

Jour 23 : Reno (Nevada)-San Francisco (Californie). 220 miles (350 km). Hmmm... Pas franchement envie de rentrer, mais cette fois on ne peut plus rallonger. Il est 18h30, nous passons le Bay Bridge sans doute pour la dernière fois, fatigués et grognons, mais totalement emballés par cette traversée de l'Amérique, qui nous aura fait découvrir le pays de façon plus complète, et sans doute plus fidèle à la réalité que le paradis californien. On a tenu le programme, on n'a pas cassé la voiture (malgré un petit accrochage qui nous a valu un rapport de police...), on ramène des tonnes de souvenirs.
Bilan de l'aventure : 5600 miles, soit 9000 km ! Plus de 1000 photos. Environ 900 litres d'essence, 60 litres d'eau, 20 litres de Diet Coke et autant de thé au citron.
Il nous reste 4 jours à San Francisco. Retour lundi à Paris. All good things must come to an end...

mardi 22 juillet 2008

Gambling in Reno

Jour 22 : Twin Falls (Idaho)-Reno (Nevada). 460 miles (740 km). Dernière ligne droite avant le retour aux bercails. Et en parlant de ligne droite, l'I-80, qui traverse le Nevada d'est en ouest, en est la plus parfaite illustration. Autour, le néant ou presque : quelques rares hameaux à l'abandon, pas de station-service pendant 100 km... Quand elles existent, les stations ont ici une particularité : elles font toutes casino ! Entre les pompes à essence et la boutique, une poignée de machines à sous entourées de néons et de miroirs accueillent les joueurs insatiables. Le jeu est l'unique chose que le Nevada, totalement désertique, peut vendre ; d'ailleurs, la première ville après la frontière avec l'Idaho s'appelle... Jackpot. Près d'une autre frontière, celle avec la Californie, c'est Reno qui tente d'attirer les gamblers. Reno, c'est le Vegas du pauvre : une demi-douzaine d'hôtels-casinos, vaguement clinquants mais sans le luxe et la démesure de leurs illustres rivaux. Un centre-ville minuscule. Des rues quasi-désertes. Et agrippée aux machines à sous, l'Amérique rurale et ouvrière, pas franchement glamour. Cela dit, on a quand même joué aussi ! On a misé 30 dollars, on en a récupéré 15, ça aurait pu être pire...

lundi 21 juillet 2008

From Grand Teton to Shoeshone Falls

Jour 21 : Colter bay (Wyoming)-Twin Falls (Idaho). 300 miles (480 km). Nos voisins de bungalow ayant passé la nuit à se hurler dessus et à claquer les portes, nous partons visiter le parc du Grand Teton dans un état assez comateux. En plus, le temps est lourd et nuageux. Le Grand Teton est en fait le nom d'un des quatorze sommets de la chaîne montagneuse du Teton Range. Paysages de carte postale avec des lacs, des rivières et des clairières au premier plan, et les monts enneigés au fond. Mais ça ressemble un peu trop aux Alpes, donc on ne traîne pas trop. D'autant qu'on attaque ensuite la longue redescente vers San Francisco, avec un trajet loin d'être en ligne droite, mais qui a l'avantage de nous faire passer par l'Idaho et la ville de Twin Falls. Là se trouvent les Shoeshone Falls, alias "les Niagara de l'Ouest". Cette énorme chute d'eau est de fait assez impressionnante. Dommage que les autorités locales aient décidé d'y installer un barrage et de la canaliser. Du coup, nous confie une habitante, la chute est moins spectaculaire qu'il y a quelques années, lorsqu'elle était entièrement sauvage. Vu le mal qu'on a eu à la trouver (aucun panneau en venant de l'autoroute), c'est à croire qu'ils ont honte de ce qu'ils ont fait...

dimanche 20 juillet 2008

Yellowstone

Jour 20 : Cody-Colter Bay (Wyoming). 200 miles (320 km). Pour être franc, on n'attendait pas forcément monts et merveilles de Yellowstone. Certes, c'est le parc le plus grand et le plus prestigieux des USA, mais on pensait juste avoir affaire à une version XXL du Yosemite californien. Eh bien, finalement, on a eu monts et merveilles. C'est vraiment un espace naturel incroyable. Lacs, forêts, cascades, torrents, clairières, cratères volcaniques, sources d'eau chaude, geysers... : on a eu l'impression de traverser cinquante régions différentes en une journée. D'ailleurs, pour bien faire, il nous aurait fallu au moins deux jours pour en faire le tour. Le parc est tellement immense et bien aménagé que, malgré la foule estivale, on ne se sent jamais serré. Cerise sur le gâteau : les animaux sauvages sont à portée de main comme nulle part ailleurs. La photo n'est pas truquée, les bisons se baladent tranquillement entre les voitures, ou se prélassent dans l'herbe au bord de la route. Des aigles royaux vous surveillent du haut des arbres. Des daims broutent dans les clairières. On aurait aussi pu croiser des ours, des renards ou des élans, mais ils n'étaient pas de sortie ce jour-là. Le soir, après avoir attendu pendant trois quarts d'heure l'irruption de l'Old Faithful Geyser, le plus connu et l'un des plus hauts du parc (jusqu'à 50 m), on a rejoint le Grand Teton National Park, à la lisière sud de Yellowstone. Nous y attendait un bungalow en bois et sans salle de bain, au bord d'un lac : c'est le seul logement qui restait en ce dimanche soir de juillet !...

samedi 19 juillet 2008

Ride On, Cowboys

Jour 19 : Moorcroft-Cody (Wyoming). 400 miles (640 km). Départ : 10h45. Arrivée : 18h. Le Wyoming, c'est le vrai pays du cowboy. Les vaches noires traversent la route sans crier gare, des gamins de 15 ans se promènent en santiags et en Stetson, des bergers virils arrêtent leur pick-up à la station-service, avec leur chien et trois blocks de paille à l'arrière. Brokeback Mountain, quoi ! Ce n'est pas pour rien que le film a été tourné ici... On retrouve les paysages des Rocheuses, qu'on avait vus dans le Colorado : forêts de pins sur fond de sommets enneigés. La route est longue mais belle jusqu'à Cody, ancien fief de Buffalo Bill. La seule ville du pays à proposer un rodéo tous les soirs. Depuis le temps qu'on rêve d'en voir un, on se précipite au Stampede Rodeo Park. Beaucoup de chapeaux et de chemises à carreaux dans l'arène mais aussi dans les gradins. L'Amérique de base est là. On se lève comme un seul homme quand une cavalière fait le tour du stade avec le drapeau US. Dans la foulée, le speaker dit la prière avant le début des réjouissances. Le show est rodé pour les touristes, mais les participants ne trichent pas : à dos de cheval ou de taureau, à pied ou au lasso, les "cascades" font leur effet, ça rue, ça tombe, ça court, on s'éclate comme des mômes.

Famous Faces

Jour 18 : Wall (Dakota du Sud)-Moorcroft (Wyoming). 200 miles (320 km). Départ : 11h. Arrivée : 20h30. Principal objectif de la journée : le Mont Rushmore. On les a tellement vus en photo, ces quatre visages de présidents gravés dans la pierre, que les voir en vrai fait son petit effet. D'autant qu'ils sont situés en plein coeur des Black Hills, un superbe site naturel, qu'ils mesurent tout de même 20 m de haut et que, pour une fois, l'endroit est plutôt bien aménagé, sans trop de kitscheries touristiques. Il faut dire que, pour les Américains, ce "monument national" est sacré. Depuis sa réalisation en 1941, c'est devenu un symbole de la démocratie US, presqu'autant que le drapeau étoilé ou la Statue de la Liberté. Les vacanciers viennent donc se recueillir par dizaines de milliers chaque année devant leur quatre ex-présidents vénérés : George Washington, Thomas Jefferson, Theodore Roosevelt et Abraham Lincoln.
Quatre-vingt miles plus loin, ambiance nettement moins digne à Deadwood, ancien haut lieu du Far West transformé en paradis pour touristes. Ici ont vécu Wild Bill Hickock et Calamity Jane, ils sont d'ailleurs enterrés dans le cimetière local. Au Saloon #10, reconstitué tel qu'il était au XIXe (jusqu'à la terre sur le sol), des acteurs rejouent toutes les 2 heures le meurtre de "Wild Bill". Et dans Main St, d'autres comédiens se lancent dans des fusillades à la "Il était une fois dans l'Ouest"... Ah, c'est aussi là que Kevin Costner a tourné "Danse avec les loups" et ouvert un bar-casino. On n'a pas eu le temps d'y boire un verre, car il nous fallait trouver un hôtel pour la nuit. Tous ceux du coin étaient complets. On a poussé jusqu'au Wyoming, dans un bled perdu où deux motels se partagent les clients tout aussi perdus. Ouf, il restait de la place.

jeudi 17 juillet 2008

Bad Lands

Jour 17 : Chamberlain-Wall (Dakota du Sud). 210 miles (340 km). I-90, US 44, US 240. Départ : 11h00. Arrivée : 17h, heure locale, soit une heure de moins - ça y est, on commence à "remonter le temps".
Les étranges formations rocheuses du Badlands National Park avaient été surnommées "mauvaises terres" (bad lands) par les Indiens, tant tout y est sec et aride. Ces excroissances qui vont du gris à l'orange ont un air de famille avec Bryce Canyon. Sauf qu'ici, la voiture circule au beau milieu des rocs, rendant le spectacle presque plus impressionnant. Quand revient la végétation, on aperçoit des chiens de prairie sortir de terre, sortes de marmottes assez rigolotes.
Le parc est au bord de la réserve indienne de Pine Ridge, l'une des plus vastes du pays. On en a traversé une partie, mais sans vraiment voir d'habitants. Juste un ou deux villages aux maisons délabrées, témoignant de la vie précaire des Native Americans.
Le soir, hôtel réservé à Wall, agglomération de motels qui n'aurait aucun intérêt si ne s'y trouvait le Wall Drug Store : l'ancêtre des centres commerciaux ! Au départ, un modeste drug store fondé en 1931 par un couple ; un jour d'été particulèrement chaud, Madame a l'idée de proposer de l'eau glacée gratuite, et d'en faire la pub le long de la route. Succès fulgurant. Depuis, le magasin s'est agrandi au point d'occuper tout un pâté de maison et de vendre tous les objets possibles et imaginables. Et surtout, des dizaines de panneaux Wall Drug Store ont fleuri le long de l'I-90 : on a vu le premier à 300 miles d'ici !

mercredi 16 juillet 2008

Corn Palace

Jour 16 : Minneapolis (Minnesota)-Chamberlain (Dakota du Sud). 400 miles (640 km). I-90. Départ : 10h30. Arrivée : 20h30. Ces merveilleuses salières en forme d'épis de maïs ne sont que l'un des multiples souvenirs de bon goût vendus au Corn Palace de Mitchell, Dakota du Sud. Un Palais du Maïs, mais oui mais oui, ou plutôt en maïs : la façade de cet étrange building, surmonté de domes et de minarets, est couverte de fresques réalisées... en épis de maïs. Elles sont refaites chaque année, une passionnante tradition remontant quand même à 1892. Voilà le genre de trésors dont semble regorger le Dakota du Sud, à en juger par les innombrables panneaux de pub le long de l'autouroute, vantant telle ou telle spécialité locale. C'est en cherchant un endroit où déjeuner qu'on a fait une autre découverte : le village de St James, situé dans le Minnesota mais à deux pas de la frontière entre les deux Etats. Le family restaurant où on a atterri est un condensé de l'Amérique rurale : tables en formica, banquettes en vieux cuir, lumières au néon, des petits vieux qui jouent au 421, une famille de paysans obèses et visiblement issus de mariages consanguins, une pimpante blonde au service. Mais dans l'assiette, un excellent breakfast steak et une très bonne chicken salad. Notre dîner à Chamberlain, chez Charlie's, un bar enfumé où une serveuse fatiguée nous apporte une escalope passable et un cheeseburger totalement mauvais, s'avèrera nettement moins mémorable.

mardi 15 juillet 2008

Looking for Prince

Jour 15 : Minneapolis-Saint Paul (Minnesota). Cette photo ne dira rien à tous ceux qui n'ont pas vu Purple Rain. Mais pour les fans de Prince, elle représente un lieu mythique : c'est le club où il a tourné les trois quarts du film qui a fait sa gloire en 1984. Minneapolis est la ville où il a grandi, où il a enregistré la plupart de ses disques, où il a longtemps vécu. Ses studios sont toujours là (Paisley Park), la boîte qu'il a fondée en 1992 (Glam Slam) existe toujours, mais sous un autre nom et un autre propriétaire. Bref, il y avait comme un parfum de pélerinage aujourd'hui dans les rues de Minneapolis - ville par ailleurs très agréable, avec un Downtown assez vivant, pour une fois, des lacs un peu partout, un chouette parc orné de sculptures géantes. Même bon feeling à Saint-Paul, ville "jumelle" (c'est-à-dire limitrophe) de Mpls et capitale du Minnesota. Le Capitole est l'un des plus beaux qu'on ait vus, et Summit Ave offre un incroyable alignement de palaces victoriens plus beaux et plus gros les uns que les autres. A part ça, il fait à nouveau extrêmement chaud...

lundi 14 juillet 2008

Along the Mississippi River

Jour 14 : Chicago (Illinois)-Minneapolis (Minnesota). 440 miles (700 km). Par l'I-90 et l'US 61. Départ : 10h30. Arrivée : 20h30. On quitte rapidement l'Illinois pour passer dans le Wisconsin, qu'on ne fera que traverser. Juste le temps de remarquer que la colonisation française a laissé des traces dans le coin : les villes s'appellent Eau Claire, Fond du Lac ou Prairie du Chien... Plus on s'approche du Minnesota, plus la végétation s'épaissit. Voici les alentours du Mississippi River. On quitte l'autoroute pour longer le mythique fleuve, frontière naturelle entre Wisconsin et Minnesota. Marécages, bancs de sable, presqu'îles et végétation touffue... Beaucoup de bateaux en goguette, mais pas de steamboat. Les villes, fondées au milieu du XIXe siècle, ont gardé leurs vieilles rues centrales pleines de charme. Mais la population s'est embourgeoisée. Quoique : on discute avec une habitante bien en chair qui vient d'ouvrir son tattoo studio, elle affirme être sûre de trouver plein de clients ici ! Le soir, on atteint les Twin Cities, alias Minneapolis et Saint Paul.

dimanche 13 juillet 2008

Bye-bye Chicago

Jour 13 : Chicago. L'ex-fief d'Al Capone n'a plus grand chose à voir avec la Prohibition. Nettoyée et enjolivée, Chicago affiche désormais fièrement ses parcs impeccables, son parc d'attraction (Navy Pier), ses plages de sable et ses tours en bateau autour du lac. Il reste bien quelques clubs de jazz et des théâtres années 20-30, la structure en métal un peu déglinguée du métro aérien n'a pas changé, la communauté black n'a toujours pas l'air de rouler sur l'or. Des accusations de corruption planent régulièrement sur la mairie - occupée depuis des décennies par les Daley père et fils. Mais Chicago n'est plus un film noir. On a quand même voulu replonger dans la grande époque de la ville, en allant dîner chez Gibsons, véritable institution du quartier Gold Coast, réputée servir les meilleurs steaks de la région. Les murs sont tapissés de photos des célébrités passées par là. Addition salée, mais la viande est super tendre et les frites en quantité industrielle. Dernier resto, dernier métro, dernière nuit. On reviendra un jour !

samedi 12 juillet 2008

Chicago 2nd Round

Jour 12 : Chicago. Au Millenium Park, des hordes de gamins se font doucher par les fontaines géantes de l'artiste Jaume Plensa. Au coeur du Loop, l'imposant immeuble du Chicago Board of Trade semble tout droit sorti de Gotham City, la ville de Batman. Au Art Institute of Chicago, on se presse autour du célébrissime tableau American Gothic de Grant Wood - ce couple de paysans endimanchés avec leur faux, parodié à l'infini par la pop culture US. Dans le quartier de Lakeview, un bouillonnant quartier gay a fleuri tout près du lac : Boystown est plus vaste que le Castro et West Hollywood réunis.

vendredi 11 juillet 2008

1st Day in Chicago

Jour 11 : Chicago. On rêvait de Chicago depuis longtemps, on a du mal à réaliser qu'on y est, après avoir traversé les deux tiers du pays !... Notre première journée ici s'avère parfaite. Grand soleil mais chaleur très supportable. Dans Grant Park, la Buckingham Fountain semble arroser la rangée de buildings qui se détachent derrière elle. Sur les berges du Lake Michigan, on se croirait à la mer - impossible d'apercevoir l'autre rive. Au Millenium Park, une troupe de cirque livre un spectacle drôle et poétique, face à l'incroyable "Bean", sorte de haricot géant en métal réfléchissant où la foule vient se mirer. Au bord de la Chicago River, de superbes gratte-ciels, certains construits dans les années 30, d'autres encore en chantier (Trump Tower), font lever les têtes en permanence. Les passerelles qui traversent le fleuve sont directement inspirés des ponts de la Seine à Paris. Au bout du Magnificent Mile, l'avenue du shopping, on grimpe au 94ème étage de la Hancock Tower pour profiter d'une vue à 360 degrés de la ville ; de là, les autres tours paraissent naines. Le soir, petit tour dans le El, le fameux métro aérien de Chicago, qui tourne en boucle dans le centre (The Loop), pour aller dîner dans un bar bruyant de River North. La nuit est déjà bien avancée, on s'écroule dans la chambre, épuisés et comblés.

Presidential State

Jour 10 : St Louis (Missouri)-Chicago (Illinois). 280 miles (450 km). Départ : 10h. Arrivée : 18h. Par l'I-55. Dès la sortie de St Louis, on passe dans l'Illinois, Etat très agricole qui n'aurait pas tellement d'intérêt s'il n'était aussi le territoire de Chicago, d'Abraham Lincoln et de... Barack Obama, sénateur du coin. Le destin de Lincoln va-t-il se répéter en faveur du candidat démocrate ? L'illustre président a grandi et longtemps vécu dans l'Illinois, et sa figure est aujourd'hui sur toutes les plaques d'immatriculation de l'Etat. On a fait le pélerinage de Springfield, capitale locale et haut lieu de commémoration, avec un musée, son ancienne maison, sa bibliothèque et surtout sa tombe. Un monument imposant installé dans un cimetière du nord de la ville, qui se visite religieusement et aboutit au tombeau en marbre d'"Honest Abe" (c'est son surnom) - un petit côté Napoléon aux Invalides, non ?
C'est sous une pluie battante et dans de grands embouteillages qu'on a atteint Chicago en fin de journée. Nous voilà installés pour 4 nuits au Congress Plaza Hotel, très bien placé au bord du Lake Michigan, mais où le parking coûte 27 $ par jour (et encore, c'est l'un des moins chers du quartier) et l'accès internet 10 $ par jour... Un violent orage s'est déclenché au moment où on allait sortir dîner - pas grave, la vue des éclairs et du rideau de pluie sur les gratte-ciels était magique. Et on avait des parapluies.

mercredi 9 juillet 2008

Under the Arch

Jour 9 : St Louis (Missouri). Elle mesure 192 m de haut, trône au bord du fleuve Mississippi et domine les tours de Downtown tout comme le dôme de l'ancien palais de justice. On ne s'y attendait pas, mais l'Arche de St Louis est réellement impressionnante. Massive vue d'en-dessous, elle paraît fine et légère depuis le reste de la ville. On peut monter au sommet, dans des mini-cabines à 5 places qui mettent 4 minutes à faire l'ascension. Construite en 1965, l'Arche a été conçue comme une porte d'entrée (Gateway) symbolisant le rôle de St Louis comme point d'accès vers l'Ouest du pays, au XIXe siècle.
On ne pensait pas non plus trouver une ville aussi belle. Maisons inspirées du Second Empire français, églises majestueuses, monuments de style antique, un parc immense et très aéré... On aurait bien voulu y passer plus de temps. Mais demain, Chicago nous attend.

mardi 8 juillet 2008

St Louis after the Storm

Jour 8 : Kansas City-St Louis (Missouri). 250 miles (400 km). I-70. Départ : 13h30. Arrivée : 18h30. Températures toujours tropicales. Un signal inquiétant s'allume sur le tableau de bord de la voiture : vidange obligatoire... On fait donc une halte chez le Midas local, alias Jiffy Lube, avant de faire un tour express de Kansas City. C'est qu'il nous faut atteindre St Louis, à l'autre extrémité du Missouri, avant 18h - heure limite du check-in dans le bed & breakfast que nous avons réservé, dans le quartier victorien de Lafayette Square. L'endroit s'appelle Napoleon's Retreat : tout à fait pour nous. Tandis que nous découvrons notre chambre immense et richement décorée, un violent orage éclate sur la ville. Quelques minutes après, la lumière sur downtown est superbe, comme on peut l'apercevoir depuis l'une de nos fenêtres (photo). A droite, la fameuse Arche de St Louis, principale attraction de la ville où nous nous précipiterons demain.

lundi 7 juillet 2008

A Touch of Sweden

Jour 7 : Salina (Kansas)-Kansas City (Missouri). 150 miles (240 km). I-70 et routes adjacentes. Départ : 10h. Arrivée : 18h. Chaleur abominable : on frôle les 40 degrés. Du coup, notre tentative de balade dans la Prairie du Kansas est écourtée à quelques minutes. A la place, on cherche de l'ombre et de l'air conditionné dans les villes. Arrêt folklorique à Lindsborg, village fondé au XIXe par des immigrants suédois, et qui tente de garder son mode de vie swedish. Des chevaux customizés trônent à chaque coin de rue, c'est l'emblème de la ville. Plus loin, la coquette bourgade de Manhattan se fait appeler "The Little Apple". Vérification faite, rien à voir avec son illustre homonyme. Mais le centre a gardé ses bâtiments en brique du XIXe, et les a transformés en cafés et boutiques branchés. Oui, oui, branchés. Même constat à Kansas City, gros centre urbain à cheval sur le Kansas et le Missouri. Le quartier de Wesport semble avoir été téléporté de Londres ou de LA. Les bobos sont partout, même dans le Midwest !

dimanche 6 juillet 2008

Happy Plains of Kansas

Jour 6 : Denver (Colorado)-Salina (Kansas). 440 miles (700 km). Autoroute I-70 + un petit détour par l'US 14. Départ : 11h30. Arrivée : 21 h, heure du Kansas, puisque nous avons basculé dans la Central Time Zone, qui correspond à l'heure de Chicago.
Quand on pense au Kansas, on imagine des hordes d'Indiens et de cow-boys sillonnant la prairie, Buffalo Bill (il est né ici) surgissant sur son cheval, etc. Hélas, les champs de blé, les tournesols et les éoliennes sont à peu près tout ce qu'on a rencontré jusqu'ici. Horizon désespérément plat, villes dépeuplées : bienvenue dans la ruralité américaine. On espérait bien croiser une petite tornade pour animer tout ça (le Kansas en subit 50 par an), mais on n'a eu droit qu'à un bon gros orage (avec un ciel magnifique cela dit) et un vent ultra-chaud assez étouffant. Bref, vivement le Missouri, qu'on devrait atteindre demain !

samedi 5 juillet 2008

Alone in Denver

Jour 5 : Denver (Colorado). Le centre-ville de Denver est plutôt sympa, plein de beaux immeubles réhabilités, de restos, de magasins et relié par une navette gratuite super-pratique qui dispense de voiture (une idée pour Delanoé ?). Le problème, un lendemain de 4 Juillet, c'est que le centre-ville en question est... entièrement dépeuplé. On a eu l'impression de se balader dans une ville morte. La plupart des habitants profitant de ce week-end férié pour aller prendre le frais dans les montagnes environnantes. Bon, la foule est quand même revenue en fin de journée, notamment le soir. On a dîné dans un excellent resto du Larimer Square, quartier branché du Lower Downtown. Au menu : soupe de prune bio et agneau braisé du Colorado.

Happy 4th

Jour 4 : Grand Lake-Boulder-Denver (Colorado). 110 miles (177 km). US 34 + US 36. Départ : 10h30. Arrivée : 23h. Après la traversée du sublime Rocky Mountain National Park, où la route grimpe jusqu'à 3600 mètres d'altitude, on arrive à Boulder en milieu d'après-midi, en pleine fête nationale. A quelques miles de Denver, Boulder est une ville universitaire qui bouge, même en ce 4 juillet où beaucoup de boutiques et de cafés sont fermés. Il fait TRES chaud. Drapeaux dans les rues, chapeaux de l'Oncle Sam... "Happy 4th !", nous lance-t-on à tour de bras. On file au stade où un match de beach-volley, des groupes de country et quelques cheerleaders font patienter la foule jusqu'au traditionnel feu d'artifice. Ambiance pas désagréable, entre rassemblement populaire et ferveur patriotique. A la tombée de la nuit, le stade est plein à craquer. 22h : tout le monde debout pour l'hymne national, puis 20 mn de fireworks. On s'échappe juste avant la fin pour récupérer la voiture et rejoindre Denver, où notre hôtel (4 étoiles, cette fois !) est réservé. Samedi, on se pose (enfin) : balade en ville... à pied.

vendredi 4 juillet 2008

Colorado Rockies

Jour 3 : Grand Junction-Grand Lake (Colorado). 280 miles (450 km). I-70 + US 40 + US 36. Départ : 12h. Arrivée : 19h. Nous rejoignons l'entrée du Rocky Mountain National Park, près de Denver. La route traverse les Rockies (les Rocheuses), leurs sommets enneigés, leurs plaines verdoyantes, leurs torrents qui se descendent en rafting (Colorado River), leurs animaux sauvages (photo). On croise Aspen et Vail, les deux stations de ski les plus chics de la région. L'air est plus frais, merci l'altitude. A l'entrée du parc, Grand Lake est une jolie bourgade "historique", tout en bois. Les hotels affichent complet, on atterrit dans un motel au ras de la route qui profite de l'affluence pour nous réclamer un prix scandaleux...

mercredi 2 juillet 2008

Mormon City

Jour 2 : Salt Lake City (Utah)-Grand Junction (Colorado). 260 miles (420 km). Par I-15, US-6 et I-70. L'US-6 traverse de magnifiques plaines rocheuses, avec des cliffs ocres qui tournent au rouge et à l'orange au coucher du soleil. 38 degrés à l'ombre - sauf qu'il n'y a pas d'ombre. Départ : 16 h. Arrivée : 21h15, plus une heure à tourner dans Grand Junction, ville-cauchemar typiquement américaine, avec un enchevêtrement de zones commerciales et de grandes artères qui se ressemblent toutes !...
Salt Lake City, capitale des Mormons. Toute la ville est organisée autour du Temple Square, QG de l'Eglise de Jésus Christ des Saints des Derniers Jours. On ne peut pas faire un pas sans qu'un adepte nous demande si tout va bien, d'où on vient et si on a besoin d'information. On se lance dans la visite guidée de 30 mn, menée par deux très jeunes sisters qui débitent leur propagande à toute vitesse. Des peintures kitsch et des mannequins de cire retracent l'épopée de Jospeh Smith, le fondateur de l'Eglise, à qui les anges divins ont parlé directement. Peut-on entrer dans le Temple ? "Non, mais il n'y a rien de secret, c'est juste qu'il faut être préparé pour aller à la rencontre de Jésus."
Le reste de la ville, écrasée par la chaleur, est un mélange d'immeubles neufs et de beaux buildings du XIXe siècle. Très peu de monde dans les rues. Au déjeuner, notre serveur nous explique que les Mormons régentent tout ici, mais qu'il y a quand même une vie parallèle où on boit de l'alcool et où on ne parle pas de Jésus en permanence. Lui est catholique et a perdu la plupart de ses amis d'enfance, mormons, qui n'ont pas admis qu'il ne se convertisse pas.

mardi 1 juillet 2008

Never Ending Nevada

Jour 1 : San Francisco-Salt Lake City. 750 miles (1200 km) par l'autoroute I-80. Californie-Nevada-Utah. 35 degrés en moyenne. Départ : 8h30. Arrivée : 21h30... enfin, 22h30 à l'heure de l'Utah. Eh oui, on a déjà changé de fuseau horaire...
Sur la route : les montagnes verdoyantes du Lac Tahoe, le désert ocre et asséché du Nevada, les villes-casinos de Reno, Winnemucca et surtout Wendover, construite de toutes pièces à la frontière du Nevada et de l'Utah (où les jeux sont interdits), des no man's lands à n'en plus finir, les étranges lacs salés des environs de Salt Lake City...
On est fracassés mais ravis. On aura repris des forces d'ici demain !