dimanche 24 février 2008

La Vie en Rose

Marrant de voir à quel point on peut devenir patriotique en vivant à 10 000 km de la France... Quand Forest Whitaker a annoncé la victoire de Marion Cotillard aux Oscars ce soir sur ABC, nos petits coeurs de Frenchies ont sursauté. Et on a même ouvert le champagne (toutes les occasions sont bonnes) !
Franchement, elle avait très peu de chances de gagner. Aucune Française n'avait été élue Best actress in a leading role depuis Simone Signoret en 1960. Donc, chapeau ! Bon, elle a bafouillé un speech un peu hystérique, mais on lui pardonne.
Il faut dire que les Américains qui ont vu "La Vie en Rose" (titre sous lequel "La Môme" est sorti ici) ont adoré sa performance. Et puis, Edith Piaf, c'est un peu comme la Tour Eiffel ou le Beaujolais, c'est l'un des rares "produits" français à s'exporter outre-Atlantique. L'Oscar devrait booster la carrière du film aux US et... celle de Marion Cotillard à Hollywood, qui l'a déjà recrutée pour jouer prochainement avec Johnny Depp.

Happy (Chinese) New Year

Il paraît que c'est un rituel : chaque année, pour la parade du Nouvel An Chinois, il pleut des cordes. Tradition respectée hier ! Affrontant rafales de vent et averses à répétition, les malheureux participants se protégaient comme ils pouvaient (bâches, K-ways, parapluies...). Dommage, les costumes avaient l'air top, et les chars aussi.
Dragons et lions dansants, orchestres, acrobates, et même une Miss Chinatown fraîchement élue : la parade de San Francisco est la plus importante du monde en-dehors de Chine - elle est d'ailleurs retransmise en direct à la télé. Nous, on s'est postés au début du cortège, sur Market St ; le défilé passe ensuite par Union Square, la place centrale de la ville, avant de traverser Chinatown. Comme on est entrés dans l'Année du Rat, le rongeur était à l'honneur.
On a frôlé la pneumonie, mais maintenant on sait dire "Bonne année" en chinois : Gung Hay Fat Choy !








jeudi 21 février 2008

You're Such A Bitch

La ménagère de moins de 50 ans est une garce, et elle en est fière. Parfaite maîtresse de maison, elle débite des horreurs avec le sourire à longueur de carnets, d'agendas, de Post-It ou même de tasses, en vente dans les magasins les plus sérieux de San Francisco. Les bitches d'Ed Polish et Darren Wotz, qui détournent les publicités niaises des années 50 en leur collant des slogans politically incorrect, font fureur ici. Evidemment, on s'en est offert un échantillon :

Pour les non anglophones : "J'aime mes hommes super riches et presque morts".

"Papa boit parce que tu pleures".


"J'ai des chiots au lieu d'avoir des enfants. Je préfère ruiner ma moquette plutôt que ma vie".

Pour épargner les âmes sensibles, on a laissé de côté les plus crues. Mais pour ceux que ça intéresse, il suffit de demander...

lundi 18 février 2008

Wine Country Tour

A force de s'entendre demander par les Californiens si on avait visité la Napa Valley, on commençait à se sentir un peu honteux de répondre "Euh... pas encore". C'est qu'ils en sont fiers, ici, de leur wine country, cette vallée ensoleillée qui produit des vins aussi prisés que leurs aînés européens. Un vrai bout de campagne française ou de prairie italienne, à une heure de route seulement de San Francisco... Ouf, nous avons comblé cette déplorable lacune ce week-end.
Alors ? Alors, c'est effectivement très joli. Imaginez deux petites routes parallèles, qui partent chacune d'une bourgade différente - Sonoma et Napa - et serpentent le long de dizaines de domaines viticoles (wineries), au pied de collines verdoyantes et au milieu de centaines d'hectares de vignes...


Certains domaines, copiant les "châteaux" bordelais, sont de vrais petits palaces, et proposent des visites guidées moyennant 15 à 25 dollars. D'autres sont plus modestes. Mais dans les deux cas (à quelques exceptions près), il faut payer pour déguster. Entre 10 et 20 dollars le wine tasting ! Mais à ce prix-là, on goûte d'excellents Chardonnay, Merlot ou Cabernet Sauvignon, estampillés "Beaulieu", "St Supéry" ou "Chateau St Jean", mais aussi des noms bien américains comme "Kenwood"ou "Arrowood".



Les vallées de Napa et de Sonoma, ce sont aussi de charmants villages typiquement américains, avec leur vieux théâtre, leurs petites églises et leur saloon :


Et ici, on sait s'amuser : samedi, on est tombés en pleine finale de l'Olive Festival, avec un concours de craché de noyaux des plus savoureux. Si, si, ça s'appelait "Spit the Pit", et la bonne bourgeoisie californienne jouait des coudes pour tenter de cracher son noyau le plus loin possible.


Pour ceux que le vin ou les olives ne passionnent pas, tout est prévu. A Calistoga, on peut par exemple admirer un geyser entièrement naturel, qui jaillit toutes les 10 minutes :
Enfin, à Santa Rosa, les fans de Snoopy peuvent venir en pèlerinage. C'est là que vivait Charles Schulz, le créateur des Peanuts. La ville lui a construit un superbe musée, où sont exposées des planches originales, son bureau, et tout un tas de figurines ou d'images tirées de l'univers Peanuts. Irrésistible.



jeudi 14 février 2008

Just Like the Seventies

Depuis plus de trois semaines, le quartier du Castro, tout près de chez nous, a perdu ses repères : les enseignes ont changé, les vitrines aussi, et même le mythique cinéma art déco qui domine la rue principale a été repeint de couleurs vives.


Objectif : reconstituer le quartier tel qu'il était dans les années 70, pour les besoins du prochain film réalisé par Gus Van Sant, "Milk". La transformation est saisissante : le marchand de journaux est devenu un salon de coiffure, un vendeur de cookies offre désormais des annonces immobilières pour des maisons à 50 000 dollars (quinze fois moins qu'aujourd'hui !), une société de crédit s'est muée en disquaire aux couleurs psychédéliques.



Du coup, tout le monde ne parle plus que de ça. Les anciens viennent confronter leurs souvenirs, les plus jeunes s'amusent à découvrir à quoi ressemblait le quartier trente ans plus tôt. Surtout, les badauds peuvent assister assez facilement au tournage, puisque Castro Street n'a pas été fermée aux piétons. On se presse donc pour apercevoir Sean Penn, star de ce film qui racontera la vie d'Harvey Milk, le premier militant gay élu à la mairie de San Francisco en 1977, assassiné l'année suivante par son rival politique. Une figure locale dont les habitants sont très fiers.
Malgré la surveillance, on a pu faire quelques photos à la volée : le barbu aux cheveux longs et tout en jean, ci-dessous, c'est bien Sean Penn !



L'ancienne boutique de photo que tenait Harvey Milk, et qui lui servait de QG de campagne, a été refaite à l'identique à son emplacement exact. Le magasin de décoration qui s'y trouvait a été prié de fermer jusqu'au printemps...


Malgré l'afflux de curieux, certains commerçants râlent : "Les clients ne peuvent plus se garer, c'est mauvais pour le business", nous a confié le fleuriste situé juste en face de la vraie-fausse boutique de Milk. Pourtant, le film, prévu pour sortir en salles en 2009, donnera forcément un coup de projecteur au Castro, et y fera venir plus de touristes. Patience !

lundi 11 février 2008

Love Song

Le chanteur pâlo-dépressif James Blunt était de passage à San Francisco il y a quelques jours. L'occasion d'assister à notre premier concert ici, et de découvrir le Warfield, l'une des salles les plus connues de la ville. Un très bel endroit, de la taille de la Cigale à Paris, avec une bonne acoustique et une disposition intelligente qui fait qu'on voit bien la scène de partout.
Non seulement James Blunt s'est révélé beaucoup plus punchy que prévu - avec notamment une excellente reprise de Supertramp - mais sa première partie (warm up) réservait aussi une bonne surprise. Car Sara Bareilles, une Californienne de 28 ans, est l'auteur d'un des tubes les plus matraqués du moment aux Etats-Unis : "Love Song". Le genre de chansons qu'on entend partout, dans les supermarchés ou chez le coiffeur, et qui vous rentre dans la tête au bout de deux écoutes. Echantillon live :



On ne sait pas trop si la chanson passe déjà en France. En tout cas, la belle a du talent, ses autres morceaux n'étaient pas mal du tout. A suivre...

lundi 4 février 2008

samedi 2 février 2008

Hillary Party

Elle est en tête des sondages en Californie, mais à quatre jours du "Super Tuesday" (où 22 Etats voteront en même temps pour les primaires démocrates), Hillary Clinton met le turbo. Contrairement à son rival Obama, l'ex-First Lady a fait elle-même le déplacement dans la Bay Area vendredi.
Pour nous, c'était l'occasion rêvée de la voir en action. Direction San Jose, capitale de la Silicon Valley, à 60 km au sud de San Francisco. Une heure et demie de train et vingt minutes de marche plus tard, nous voilà au Convention Center de la ville, tout comme 2000 personnes qui font la queue le long du bâtiment. Nous, on est entrés tout de suite : merci la carte de presse !
D'immenses drapeaux américains habillent le vaste hall qui ressemble plutôt à un chapiteau. Une armada de caméras et de photographes sont déjà là. En attendant la star du jour, les militants distribuent des badges et des pancartes "Hillary for President", un groupe de mariachis joue sur scène des airs mexicains, les élus locaux chauffent la foule aux cris de "Viva Hillary !", "H-I-L-L-A-R-Y !", etc.



18h15 : "Ladies and gentlemen, please welcome the next President of the United States !" Et voici ce qui suit :


Elle a la voix un peu cassée, elle répète sans doute les mêmes phrases depuis des semaines, mais pas de doute, c'est une pro : sourires extatiques, bras ouverts (à la Ségolène ?), Hillary déroule un discours concis, efficace, catchy comme on dit ici. En 40 minutes, elle promet de mettre fin au régime Bush, de taxer les compagnies pétrolières, de ramener les troupes à la maison, de créer une couverture santé universelle, de faire baisser le coût des études supérieures... Un petit échantillon :



Avant de partir, sur la musique de Lenny Kravitz ("Are you gonna go my way"), elle serre quelques mains et signe des autographes dans la foule. Patricia, lunettes roses, pull rose et épaules de déménageur, est comblée : "I love her ! C'est la meilleure, la plus qualifiée, celle qui sait ce que veulent les gens. C'est la plus forte."