La première fois, on hésite, on entre sur la pointe des pieds, on craint de devoir montrer patte blanche, de répondre à mille questions, de se faire refouler si on n'a pas l'air d'acheteurs sérieux. Mais non : toutes ces maisons à vendre sont librement accessibles, il suffit de dire bonjour à l'agent immobilier qui vous accueille, et vous voilà autorisé à explorer chaque pièce, à traîner dans les chambres, à admirer la vue de la terrasse, à refaire la déco du salon...
On adore découvrir ainsi ce qui se cache derrière les belles façades victoriennes de San Francisco. Et voir de près l'intérieur de nos amis américains. Bon, si l'agent immobilier est un peu sérieux, il viendra vous préciser que "le parking est inclus" ou que "la cuisine a été rénovée l'année dernière". Notre accent français ne nous rend même pas suspects, qui sait si nous ne sommes prêts à mettre sur la table les 700 000 à 800 000 dollars demandés pour ce trois-pièces avec vue sur downtown, ou ce quatre-pièces avec terrasse.
On s'étonne devant tant de confiance : en France, personne ne prendrait le risque d'exposer à tous les vents ses biens personnels... Ici, pas de problème. Quoique : à New York cette semaine, deux femmes ont été arrêtées pour avoir glissé dans leurs sacs quelques milliers de dollars de bijoux au cours d'open houses à Manhattan. Mais il paraît que ce genre d'incident est rarissime. Tant mieux, on a encore plein de maisons à visiter !

Cela dit, on allume beaucoup moins la télé qu'à Paris. De même qu'on ne va quasiment pas au cinéma. Envie d'être dehors, à l'extérieur, dans la rue, dans la ville. Pas enfermés dans une salle. D'autant que, disons-le même si ça fait cliché, le cinéma, on a l'impression d'y être tous les jours dès qu'on passe la porte de la maison. C'est l'effet Hollywood : même au quotidien, l'Amérique ressemble à un film !